Cela fait quelques jours que je voulais écrire un article sur la découverte d’un/une artiste. Mais je n’avais pas forcément de grand coup de cœur, ne voulant pas écrire pour écrire j’ai patienté. Après une matinée à chiller sur Youtube comme j’adore le faire je suis tombée un peu par hasard sur une vidéo de Jessie Reyez, que vous connaissez peut-être déjà, et là bim ! C’est le gros coup de cœur et c’est d’elle dont je veux vous parler.

JESSIE REYEZ LA DÉCOUVERTE EXPLOSIVE | Elise Brn | Musique | Mode | Lifestyle

Dans les suggestions j’aperçois la vidéo de Figures de Jessie Reyez, la miniature m’inspire, je clique. La mélodie est douce, la voix est suave. A quelques secondes la voix de Jessie vient légèrement se briser, et puis un peu après une minute du titre tu ressens cette brisure encore plus forte, comme une blessure. Ensuite vient une certaine colère mélangée à sa douceur féminine. Et là, c’est exactement ce que j’aime ! Puis, je me suis rendue sur la version acoustique, j’adore les versions acoustiques et vous pouvez être sûrs que si je suis conquise par un titre je vais de suite aller chercher sa version acoustique. Je trouve que l’on ressent encore plus la voix, les choses sont encore plus vraies, sans artifices. C’est sans surprise, magnifique et les images qui l’accompagnent également. Le physique de Jessie Reyez est en adéquation avec sa musique. C’est une belle femme, naturelle. Elle est sensuelle, mais dans son visage et son regard il y a quelque chose de fort et brut.

J’enchaîne avec Shutter Island. Le début me fait penser à des chanteuses assez connus avec un même timbre de voix. Et à très exactement 50 secondes c’est l’explosion, elle t’envoie une claque. Ce qui est étonnant avec Jessie c’est vraiment cette harmonie de finesse et de rage. C’est le genre de musique qui te donne de l’énergie et tu te sentirais prête à braver toutes les épreuves. Et ça vous savez, c’est assez dingue de transmettre autant puissance à travers la musique. J’ai essayé de me renseigner un peu par la suite et je crois qu’elle parle en effet de rupture, de capacité à se relever etc. Je trouve le titre tellement bon que lorsqu’il finit je me dis «quoi, déjà ?» et là je clique sur replay, pour moi c’est ça un coup de cœur.

Je décide d’écouter la vidéo la plus récente, il s’agit de Gatekeeper. Je trouve assez difficile de retranscrire le ressenti de ce titre. C’est l’expression d’une douleur assez vive, si j’ai bien compris elle dénonce le sexisme au sein de l’industrie musicale, elle évoque au début le fait que la plupart des femmes aspirent à être avocat ou mère, par exemple, mais elle a toujours voulu devenir chanteuse. Il s’agit ensuite d’une conversation entre une chanteuse et un producteur. Ici encore elle transmet un message fort, de combativité. De se battre pour garder son indépendance et sa dignité. Ça change de l’éloge du twerk et tout ce qui va avec c’est sûr.

Côté biographique, Jessie Reyez est d’origine colombienne. Elle vit à Toronto, qu’elle décrit comme une ville mosaïque qui, musicalement parlant, l’a aidé à se forger en gardant ses origines et en s’imprégnant des multiples cultures présentes là-bas. Pour elle, c’est cette forte diversité qui crée la couleur si particulière de la musique de Toronto. Elle a commencé à chanter à l’âge de 3 ans, enregistré à 8 ans et à écrire à 18 ans après une rupture amoureuse. Elle envoie un titre au Remix Project (fondation qui aide les jeunes sans moyens), ce qui l’aide à décoller. Daniel Daley devient son mentor en lui apportant des connaissances au niveau de l’écriture et de la technique vocale.

Pour la discographie, elle a travaillé avec King Louie sur le titre Living in the sky en octobre 2014. Puis elle a sorti l’EP Kiddo le 21 avril 2017 sous le label FMLY. Vous pouvez le retrouver notamment sur Spotify ou Soundcloud.