Je voulais écrire un article sur le dernier album de Disiz, et puis comme souvent le temps est passé. Mais plus je l’écoute et le réécoute et plus je me dis que finalement ça me tient à cœur et qu’il faut vous en dire quelques mots. C’est le onzième album que nous offre Disiz la Peste. Le premier, Poisson Rouge, était sorti en 2000.

Alors ça donne quoi Pacifique ? C’est de la poésie, de l’émotion, une palette de couleur, de l’espoir. Je ne peux pas dire que cet album est parfait puisque la musique est tellement subjective et ce n’est pas une science exacte mais c’est compliqué de vous expliquer à quel point il me plaît, il tourne en boucle, il me parle. J’en vois déjà arriver avec vos « Disiz il a changé », « c’est plus comme avant » blablabla …

Je pense que cet album est justement en adéquation avec l’artiste qu’est Disiz. Au cours de sa carrière il a toujours cherché à explorer des horizons musicaux avant de se ranger absolument dans les cases que nous adorons définir. Que ça soit les styles ou les musicalités, Disiz ne nous a jamais habitués à faire la même chose et chaque album est une expérience. Je trouve au contraire que cela donne un ton très riche à Pacifique et qu’il nous embarque complètement dans son univers. Oubliez vos codes, transgressez vos barrières et plongez dans cette onzième pépite …

” C’est dans nos natures, dans nos ADN
On n’est pas sûr, entre nos joies et nos peines
Dans nos natures, dans nos ADN
Des âmes en pâtures, on a des humains sous les semelles “

Le projet s’ouvre sur des titres aux sonorités éléctros et une voix robotisée. RadeauPassage secretSplash sont clairement sinistres et désolants au niveau des textes, on retrouve l’envie de s’évader et de fuir.

La fille de la piscineCarré bleu et A petit feu c’est la jeunesse, la nostalgie et l’amour. Le rythme est plutôt doux et mélodieux tout en rentrant plus dans le rap avec Carré bleu.

Menteur menteuse, c’est les rôles que nous attribuons, le conditionnement ; Marquises et Compliqué abordent la relation amoureuses. Ces titres nous entraînent dans des sons beaucoup plus rythmés et dancehall. 

Meulé meuléWatchaL.U.T.T.E et Quand je serai chaos (référence au titre d’Alain Souchon) plonge dans l’égo-trip du rap avec des prods qui pèsent et un flow qui nous fait comprendre que Disiz est toujours présent.

VibeADNPoisson étrange (qui est un évident clin d’œil à Poisson rouge), Qu’ils ont de la chance et Autre Espèce sont dans des harmonies assez similaires.

Ça va aller, Auto Dance, sont des titres joyeux et positifs qui viennent clôturer Pacifique comme un apaisement, une pacification et le désir de continuer. Continuer à regarder plus loin et à avancer malgré les embûches et les échecs.

Des souvenirs, les relations humaines, la jeunesse, l’évolution personnelle, des petits instants de la vie, les jeux de rôle, Disiz abordent plusieurs thèmes qu’il tisse le long de l’album. Il parle de lui ? Il parle de nous ? Il parle de tout le monde. Il nous met face à des situations qui semblent parfois bien sombres, sans issue et nous dresse une société remplie de maux ou pourtant il  nous offre sa lumière, des sonorités positives et sa perception avec une sensibilité détachée du matériel et audacieuse.

C’est un album tumultueux et apaisant, voguant entre l’électro, la pop et le rap ; même si le catégoriser dans ces différents genres me dérange un peu car au final il ne fait pas du rap, il fait du Disiz.